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Lettre du 1 aout 2019

L ’association des Amis du Casset, comptant plus d’ une centaine de membres, est opposée au projet de construction et d’exploitation d’une microcentrale hydroélectrique sur le Petit Tabuc et à la
déclaration d’utilité publique afférente.

Si notre association est tout à fait favorable aux énergies renouvelables, notre forte opposition tient à la nature particulière de ce projet dont nous avons passé en revue détaillé e les éléments très souvent contradictoires : vous trouver ez en pièce jointe nos observations numérotées de 1 à 87 sur
lesquelles s’appuie la présente synthèse .

Ce projet nous semble extrêmement néfaste au niveau
patrimonial , touristique et écologique, sans rien apporter au point de vue énergétique il ne s’explique que par l’ intérêt financier anormalement élevé qu’il procure à son promoteur.

Ce projet est catastrophique au niveau patrimonial et touristique

Lettre du 1er Aout en entier

Microcentrales sur les Tabuc

Deux projets de microcentrales hydroélectriques sur les Tabuc sont portés par EDSB  (Electricité, Développement, Services du Briançonnais) sur la commune du Monêtier les Bains. Ces projets font suite au déclassement de ces torrents de la catégorie 1 (des torrents non aménageables), expliqué par un « projet jugé stratégique pour notre département » en 2013.

Le projet Petit Tabuc a été présenté au public le 28 septembre dernier, il s’agit d’une installation d’une puissance inférieure à 0,5 MW bénéficiant de conditions restées très favorables au développement de toutes petites installations, pour lesquelles le système antérieur d’obligation d’achat  à prix garanti est conservé.  Cette garantie rend l’affaire particulièrement rémunératrice pour la ville de Briançon, principal actionnaire de l’aménageur, EDSB. Le mécanisme est le suivant : toute l’électricité produite (estimée à  un peu moins de 2,5GWh)  serait immédiatement évacuée par le réseau ERDF et revendue à EDF à un prix qui peut être estimé autour de 120 euros le MWh (selon les dernières analyses de la CRE, Commission de Régulation de l’Energie). Il faut savoir qu’au cours de la même année EDSB, en tant que distributeur local d’électricité, se fournit auprès d’EDF au tarif de cession qui devrait, pour 2017, atteindre 32,8 euros le MWh environ.

Si on ajoute le fait que cette électricité sera produite pour la plus grande partie à la fin du printemps et en début d’été alors que le prix de revente par EDF de l’électricité excédentaire peut devenir négatif (l’offre excédant la demande sur les marchés internationaux), on peut s’interroger sur l’opportunité d’une telle atteinte à l’environnement et à l’état écologique du torrent que la directive cadre européenne sur l’eau impose de ne pas dégrader, d’autant plus que cette  installation de puissance inférieure à 500KW ne peut être considérée comme « stratégique » pour notre département.

Il y a clairement ici divergence entre intérêt collectif et intérêts privés (des hydroélectriciens) du fait de la rente induite par le mode actuel de soutien public aux énergies renouvelables. Cette rente inquiète notamment la CRE qui dénonce le risque de rentabilité excessive de certaines installations excédant une rémunération normale des capitaux investis et propose d’instaurer un plafond. Par exemple dans le projet Petit Tabuc, les installations seraient amorties en moins de 10 ans, cela en dépit d’un temps de fonctionnement assez limité  au cours de l’année lié à une fermeture probable l’hiver (gel,  débit insuffisant).

Sans les “subventions d’exploitation” perçues par EDSB au titre de la CSPE (contribution au service public de l’électricité) pour sa contribution aux énergies renouvelables qui s’élèvent à 1 517 K€ en 2014 et 1 783 K€ en 2015, les résultats mirobolants d’EDSB : 1 010 K€ en 2014 et 846 K€ en 2015 (après impôts !) seraient de moins 507 K€ en 2014 et de moins 937 K€ en 2015.

Ces subventions aux énergies renouvelables estimées globalement à  4,7 milliard d’euros en 2016 sont financées par une majoration du coût de l’électricité bien visible sur nos factures : la CSPE, en augmentation de plus de 11% d’une année sur l’autre.  Ce mécanisme devait être réformé en 2016, mais la réforme a finalement été décalée d’une année par le gouvernement.  L’arrêté fixant les tarifs d’achat n’est pas non plus sorti.

La prise de conscience des effets pervers de ces incitations est en cours, mais les réformes tardent.

Aurait-on  dans l’intervalle retrouvé la recette de « la manne de Briançon » ? Quoi qu’il en soit, si ce projet constitue  bien une manne pour cette commune, sa contribution aux énergies renouvelables est assez dérisoire et tout à fait discutable et son effet sur l’environnement local néfaste.

Historique 1978-1982 La microcentrale hydroélectrique du petit Tabuc : le serpent du Loch Ness ??

Au moment où ressurgit le projet d’une microcentrale hydroélectrique au Petit Tabuc (cf le site Internet des Amis du Casset), il paraît intéressant de rappeler la bataille que notre association a menée contre un projet sensiblement identique il y a plus de 30 ans (de 1978 à 1982)!

Dans les années 70 de nombreux projets de création de microcentrales hydroélectriques fleurissaient et à la différence du projet actuel (proposé par une entreprise spécialisée, EDSB), ils étaient souvent proposés par des particuliers ou des prête-noms.

La transition énergétique était déjà fort à la mode et si tout le monde, comme maintenant, se préoccupait à juste titre de vouloir diminuer la part du nucléaire, le souci des investisseurs dans les microcentrales était surtout d’y voir un avantage financier sans réfléchir trop avant sur un possible avantage énergétique (très faible dans de nombreux cas) et sans se préoccuper des éventuels dommages biologiques et esthétiques provoqués par la dérivation des cours d’eau. Il existe en effet un décret (daté du 20 Mai 1955) qui fait obligation à l’EDF d’acheter le courant produit par les microcentrales et de passer avec les propriétaires un contrat d’achat pour une durée au moins égale à celle de l’amortissement des installations. Il faut d’ailleurs savoir qu’à maintes reprises les responsables d’EDF, au plus haut niveau, ont estimé sans intérêt économique l’électricité fournie par les microcentrales par rapport à celle fournie par les grandes centrales et ce n’est pas la taxe additionnelle payée par le consommateur qui peut combler ce déficit !

Dans notre cas le pétitionnaire était un certain M. Guibert (avec un n° Cedex à Paris) qui, dans une lettre adressée en février 1977 au ministre de l’Industrie et de la Recherche, sollicitait « l’octroi de la concession de dérivation des eaux du torrent du PETIT TABUC pour créer une centrale hydroélectrique appelée CENTRALE HYDRO-ELECTRIQUE DU CASSET».

Les premiers éléments concernant cette centrale ont été communiqués le 14 Avril 1978, lors d’une réunion d’information, aux habitants du Casset :

Il s’agissait de dériver le Tabuc à la cote 1687 m et d’amener l’eau par une conduite forcée de 900 à 1.200 m jusqu’au moulin (cote 1496m).

Comme l’a fidèlement rapporté l’une de nos adhérentes qui assistait à la réunion,  les travaux nécessaires pour la mise en place de cette centrale prévoyaient « une trancheuse de 4m de large sur 12 m de long, montée sur chenilles, qui passerait par le chemin du Gas jusqu’au moulin après lui avoir fait traverser la rivière à gué au- dessus du camping. La tranchée serait de 1,5 à 2 m de large pour la pose de la conduite forcée et des câbles de commandes d’où  une traversée de propriétés, une détérioration, des indemnités ou une remise en état à discuter avec les propriétaires suivant leur désir. Il y aurait création d’un bâtiment à la prise d’eau pour abriter  les servomoteurs, d’un aspect bergerie, bâtiment de 6m x2,5m x2,5m. Les travaux devaient être effectués pour le gros œuvre par une entreprise spécialisée: Pascal de Grenoble et la bergerie par l’entreprise Guglielmetti de Monêtier et on créera pour la durée des travaux une centrale à béton qui utilisera le gravier de la Guisane.. »

M. Guibert a également indiqué que « la commune a fait une prise de position de principe :

– utilisation du moulin pour la durée de la concession

– remise en état du moulin et location du local à la commune

– protection des berges du torrent

– fourniture gratuite d’électricité à la commune par réseau EDF : 46 Kw pour éclairage des rues du Casset et d’un local communal

– paiement d’une redevance à la commune pour la location de la rive et redevance pour droit d’eau.

L’enquête publique était prévue pour juin, juillet, août ou septembre 1978 et le début des travaux pour avril, mai 1979.

Tout ceci nous a évidemment fortement inquiétés et nous avons pu obtenir auprès de la DDA le dossier complet de la demande de concession (que nous avons toujours !) et qui comporte, outre le mémoire descriptif, un extrait de carte au 1/20.000ème, un plan sommaire des lieux et des ouvrages, le profil en long des cours d’eau, le plan des terrains submergés, les accords intervenus, (propositions pour indemnisation des droits non exercés, proposition de répartition de la valeur locative) et enfin un projet de cahier des charges.

Nous avons bénéficié pour l’étude de ce dossier de l’expertise d’un cousin de notre président qui habitait St Etienne mais venait chaque été camper au Casset sur les bords de la Guisane et qui était en contact avec Mme Lebreton, présidente de la F.R.A.P.N.A (Fédération Rhône Alpes de Protection de la nature) qui nous a fourni un grand nombre de documents.

Nous avons retrouvé dans le dossier les données présentées par M. Guibert à la réunion d’information : cote de prise d’eau 1.680m, cote de restitution 1.500 m, d’où une chute brute de 180 m (et nette de 160 m du fait des pertes de charge dans la conduite). Le débit moyen du torrent à la prise était calculé à 750 l/s avec un débit réservé de 50 l/s

Il était en outre précisé que la puissance maximale brute de la chute concédée « était de 1324 kW, soit une puissance maximale fournie de 970kW et la puissance brute normale de la chute de 918 kW soit une puissance disponible de 711 kW » (ce qui représentait une très faible production correspondant, selon M. Guibert, à 150 tonnes de fuel).

Avec ces données en main, nous avons écrit le 20 Juin 1978 une longue lettre au Ministre de l’Industrie et de la Recherche (Direction du Gaz, de l’Electricité et du Charbon) pour lui manifester notre opposition à ce projet qui, réalisé tel qu’il était présenté par le promoteur, apportait un grave préjudice à l’environnement de notre village : assèchement presque en totalité du PETIT TABUC (débit réduit à 50 l/seconde) avec le risque de ne plus alimenter les prises d’eau pour l’arrosage des champs cultivés aux alentours, altération du site par la construction des ouvrages projetés, et une conduite forcée « enterrée » et non sous terre sauf cas particuliers d’impossibilité !! Nous rappelions que le Casset avec une église monument historique inscrit, devait être particulièrement protégé (cf circulaire de M. Michel d’Ornano du 5 Juin 1978). Enfin nous nous étonnions d’une opération financière privée.

Le cabinet du ministre nous a répondu fort courtoisement le 23 Août par une aussi longue lettre, nous précisant au départ qu’au niveau des conférences préliminaires, la procédure concernant la demande de concession présentée par M. Guibert n’avait pas encore débuté, le pétitionnaire devant compléter son dossier par des documents qui n’avaient pas encore été fournis. Il a repris les différents points que nous avions soulevés en précisant qu’une étude hydraulique complète (avec le nombre d’années de garantie quant au chiffre avancé au sujet du débit moyen à la prise d’eau) avait été demandée à M. Guibert et que d’ores et déjà le débit de 50l/seconde avait été jugé insuffisant par le Ministre de l’Environnement et du Cadre de Vie. En ce qui concernait l’aspect environnemental, le dossier complet (demande de concession et étude d’impact) devra être adressé à la commission départementale des Sites, Perspectives et Paysages qui sera appelée à se prononcer sur tous les aspects du projet avant de le soumettre à l’enquête publique.

Quant au caractère « privé » du projet, il répondait aux conclusions de la Commission d’Etude de la Production d’Electricité d’origine hydraulique et Marémotrice appelée « Commission Pintat » qui a indiqué que les producteurs autonomes devraient pouvoir continuer à un rythme soutenu l’exploitation des petites chutes.

Et en conclusion le ministre indiquait que le dossier dûment complété par l’étude d’impact serait soumis à des consultations interservices et interministérielles avant d’être mis à l’enquête où l’Association pourrait faire valoir ses observations !

Nous avons bien évidemment remercié le ministre de sa lettre mais en lui précisant que sa réponse nous paraissait justifier pleinement notre opposition au projet et que nous ne doutions pas que les renseignements complémentaires demandés ainsi que les conclusions du dossier d’impact ne feraient que confirmer « l’inutilité totale et le caractère néfaste de cette centrale »

Mais le temps passait et nous restions sans nouvelles de la centrale ! Nous avons alors réécrit au Ministère de l’Industrie le 14 Mars 1979 en lui demandant de nous préciser si la demande de concession avait été classée par défaut de la fourniture de l’étude d’impact. Sans réponse de leur part nous leur avons de nouveau écrit le 25 Septembre et la même personne qui nous avait écrit courtoisement l’année précédente nous a informés le 14 Novembre que le pétitionnaire n’avait pas fourni cette étude et qu’il donnait « toutes instructions au Directeur Interdépartemental de l’industrie à Marseille pour qu’il rappelle à Monsieur Guibert que eu égard au délai écoulé, faute de recevoir cette étude d’ici un mois, il classerait sans suite sa demande de concession ».

N’ayant toujours pas de nouvelles en mars 1980 nous commencions à être rassurés mais voilà que nous recevons une nouvelle lettre le 3 Avril 1980, signée cette fois ci de l’adjoint du directeur du Gaz, de l’Electricité et du Charbon au Ministère de l’Industrie, faisant référence à notre lettre de l’année passée et nous précisant que « en raison du délai supplémentaire qui lui a été accordé, Monsieur Guibert lui a adressé cette étude d’impact qu’il a transmis par lettre du 26 Février 1980 aux différents services et ministères concernés….  Dans le cas où, du résultat de ces consultations serait décidée la mise à l’enquête publique du dossier, celle-ci serait soumise à la Préfecture et à la mairie des communes intéressées »

Nous avons évidemment été consternés par cette dernière lettre qui remettait tout en question et dans un acte un peu désespéré, l’une d’entre nous a directement téléphoné un vendredi en fin de matinée au Ministère de l’Environnement. Et là nous avons eu beaucoup de chance car l’interlocuteur que nous avons eu au bout du fil était justement le responsable du dossier du Casset qui nous a dit l’avoir étudié le matin même avec son service et l’avoir trouvé tout à fait acceptable !! Nous nous sommes évidemment récrié en lui précisant toutes les nuisances apportées à l’environnement par la création de cette centrale : destruction d’une partie de la forêt jouxtant le Petit Tabuc, création d’un chemin de servitude le long de la conduite qui aura emprise sur une bande de terrain de 5 m de large, chemin qui fait partie du GR 54 ( voie d’accès au Parc National des Ecrins) et surtout discordance entre l’emplacement du bâtiment usine proposé dans le moulin aux habitants du Casset (et probablement repris dans l’étude d’impact) mais indiqué dans le mémoire descriptif de la demande de concession comme un bâtiment construit en bordure du torrent en béton armé « avec une esthétique en harmonie avec les constructions locales » Ebranlé par nos arguments, notre interlocuteur nous a alors dit qu’il laissait pour l’instant le dossier en suspens et attendait confirmation par écrit de nos observations !

Nous avons alors passé tout le WE à préciser dans une lettre (manuscrite ! pas d’ordinateur sur place !) les différents points soulevés avec photocopies des extraits des documents à l’appui, et l’avons envoyée à notre interlocuteur au ministère avec la copie de la lettre envoyée au ministre de l’Industrie en 1978 précisant les raisons de notre opposition au projet. Nous avons reçu, quelques jours après, un court message de sa part (également manuscrit !!) nous remerciant vivement des documents fournis et de l’exposé précis des contradictions relevées entre l’étude d’impact et le dossier de demande de concession « qui lui avaient échappées  et qui méritaient une demande d’explications auprès du pétitionnaire » !

 C’était une première victoire mais rien n’était encore acquis et il fallait continuer !

Le 17 Juillet 1980, il y a eu une réunion publique du conseil municipal de Mônetier les Bains (à laquelle nous avons assisté) où a été examinée la lettre envoyée au maire, sur sa demande, par le pétitionnaire dont il n’avait plus de nouvelles depuis plus de 2 ans !

M. Guibert précisait qu’il avait dû effectuer, sur la demande du ministère de l’Industrie, une étude du débit du torrent sur 3 ans et apporter certaines modifications dans son dossier, d’où son retard ; qu’il avait déposé l’étude d’impact le 29 Décembre 1979 et qu’il travaillait actuellement à harmoniser sa demande de concession et l’étude d’impact. Quant aux propositions faites à la commune, contenues dans le dossier initial, elles étaient inchangées. Les conseillers ont alors demandé d’effectuer une étude de rentabilité (coût 15.000 f (de l’époque !) auprès de la SOGREAH avant de poursuivre les négociations avec M. Guibert. A un conseiller qui timidement demandait si les sites autorisaient cette centrale, il lui a été catégoriquement répondu : bien entendu, la conduite est enterrée tout le long du parcours !

A la suite de cette réunion, nous avons écrit au maire pour lui signaler une nouvelle fois, les dommages causés à l’environnement par la création de cette centrale mais nous n’avons pas su si l’étude de rentabilité avait été commandée. Nous ne le savons toujours pas!

En Septembre, nous avons écrit à la Direction Départementale de l’Industrie (région PACA) à Marseille pour demander une copie de l’étude d’impact qui lui avait été remise mais il nous a été répondu que la loi avait changé entre temps !! Le seuil des entreprises justiciables du régime de la concession était passé de 500 à 4.500 kW et l’autorisation à venir dépendait alors du Préfet des Hautes Alpes. Il lui avait alors renvoyé les dossiers concernant cette demande, (notamment ceux de l’étude d’impact) et il ne pouvait plus nous la communiquer.

Nous avons donc effectué la même demande au Préfet des Hautes Alpes mais nous n’avons reçu une réponse qu’en Mars 1981. Le préfet nous proposait de consulter le document à la Direction Départementale de l’Agriculture (DDA) après avoir pris rendez- vous avec M.Gastous (service hydraulique et forestier). Je ne sais plus si nous avons pu consulter ce document mais quoiqu’il en soit, après plusieurs appels téléphoniques et lettres demandant à la DDA « de nous tenir informés de l’avancement du dossier relatif à la chute du Petit Tabuc au Casset », nous avons enfin reçu en Juin 1982 une lettre de cet organisme.

La lettre précisait que « ce dossier de demande de concession n’avait pu être soumis à l’enquête publique réglementaire du fait de l’absence d’accord du Ministère de l’Environnement et du Cadre de vie » En outre : « Du fait de la promulgation de la loi du 15 Juillet 1980 relative aux économies d’énergie, le pétitionnaire aurait du présenter une demande d’autorisation à M.le Préfet des Hautes Alpes puisque les chutes hydroélectriques d’une puissance inférieure à 4.500kW sont maintenant soumises au régime de l’autorisation »

Et la lettre concluait : « Aucun dossier n’ayant à ce jour été présenté, cette affaire est pour l’instant en sommeil. Si le pétitionnaire adressait dans l’avenir une demande d’autorisation, je ne manquerais pas de vous en informer »

Veuillez agréer… etc
L’affaire s’est réveillée et nous n’avons pas été prévenus ! Il n’y a plus qu’à recommencer à se battre pour préserver le Petit Tabuc !!!

 

Sauvons le petit Tabuc

lien : “SAUVONS LE PETIT TABUC flyer

PROJET DE MICROCENTRALE SUR LE PETIT TABUC,

JUSQU’A 90% DU DÉBIT CONFISQUÉ

Ce projet détruirait la plus belle promenade de la vallée et la fragile

harmonie d’un site exceptionnel.

Un effet néfaste sur l’attractivité d’un des plus beaux sites de la région.

Des conséquences irréparables lors de la construction.

De l’électricité créée principalement pendant l’été, quand nous n’en avons pas besoin.

Aucun bénéfice pour les habitants.

Une activité qui n’est rentable que grâce au surcoût payé par le consommateur.

Rejoignez-nous dans notre action pour préserver cet espace unique

 

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(pour plus d’informations, voir ici )

Non à la microcentrale

Projet de microcentrale sur le petit Tabuc

DCIM100MEDIA1 août 2015 ces chiffres de puissance ont été établis à partir de données issues de nos entretiens avec EDSB  en 2014, que le projet a sans doute évolué dans l’intervalle, et que nous mettrons  à jour ces données dès que nous aurons plus amples informations:

“Lors d’une réunion avec EDSB le 11 septembre 2014, nous avons appris que le choix avait été fait de ne pas capter le torrent du glacier, le captage du petit Tabuc se situerait en conséquence un peu au dessus de 1700m,  partiellement en zone centrale du Parc des Ecrins , ce qui élève la hauteur de chute à 170m. le module serait inférieur à 700l/s. En moyenne 85% du débit serait dérivé.
Nous vous signalons d’autre part que  l’on constate des prix de l’électricité en Europe négatifs de temps à autre du fait des tarifs régulés des éoliennes et des microcentrales hydrauliques qui produisent en été. Le projet Petit Tabuc, dont la rentabilité provient du prix de rachat garanti par EDF, participerait à ce déséquilibre (source:  Flash-info n° 39 juin 2014  France Hydroélectricité, pages 1à 3)”

Le petit Tabuc était une rivière protégée, et par décision du préfet de Bassin, publiée au JO  en septembre  2013,  le petit Tabuc a été retiré de la liste 1 (des rivières  où aucun aménagement n’est envisageable) pour permettre un   projet hydroélectrique « stratégique » pour la région. Pour comprendre la nature exacte du projet, notre association a sollicité une réunion d’information auprès d’EDSB le promoteur du projet et de la mairie du Monêtier-Les-Bains. Cette réunion a eu lieu le 29 juillet 2014

Vous trouverez ci-dessous les éléments d’information obtenus au cours de cette réunion (compte rendu disponible ici ).

Le projet envisagé

Il s’agit d’un projet de 1,5MW environ sur chaque Tabuc (et non plus d’un projet global rassemblant les deux à hauteur de 4,5 MW, comme indiqué lors de la consultation préalable au classement des cours d’eau du bassin Rhône Alpes Méditerranée). Pour obtenir cette puissance de 1,5 MW, les premières évaluations conduisent à montrer qu’à certaines périodes de l’année jusqu’à 90% du débit du petit Tabuc serait prélevé, et qu’en hiver le débit serait insuffisant pour faire tourner l’installation.

La prise d’eau serait située en dessous du lac de la Douche à la cote 1680m, ou plus haut selon la décision d’inclure ou non  le torrent du Casset dans le projet. La microcentrale serait située en rive droite du petit Tabuc avant le confluent avec la Guisane. Il faudrait sans doute défricher une partie de la forêt, et le bâtiment serait d’une dimension comparable à celle des chalets dans le voisinage (50 à 70m2 au sol). Le bruit serait important et un effort serait fait pour diminuer la nuisance sonore de l’installation. La construction de la conduite forcée emprunterait en grande partie le chemin de  montée au lac de la Douche. Les travaux devraient s’étaler sur 2 ou 3 ans. La difficulté du terrain rocailleux rendrait obligatoire l’utilisation de pelles mécaniques.

Ces éléments ont renforcé notre inquiétude et nous conduisent à nous opposer à ce projet de microcentrale pour les 5 raisons suivantes:

  1. Ce projet détruirait la plus belle promenade de la vallée et la fragile harmonie d’un site exceptionnel. La réduction de 90% du débit produirait une modification du régime hydrologique dans les tronçons court-circuités: réduction de la surface mouillée, disparition de la brumisation, perte de la mémoire de crue et maintien du risque rare de fortes crues; elle produirait également une diminution voire disparition d’espèces animales ou végétales.
  2. L’électricité serait créée principalement pendant l’été, alors que la production, à cette époque de l’année est déjà supérieure à la demande régionale.
  3. Les habitants de la commune du Monêtier-les-Bains ne trouveront aucun bénéfice particulier à cette production d’électricité. Le projet n’engendrera aucun emploi pérenne pour la population locale.
  4. Seul le surcoût payé par le consommateur sur sa facture d’électricité et le rachat automatique par EdF de l’électricité produite à un tarif majoré permet éventuellement d’envisager une rentabilité de l’exploitation sur une durée contractuelle de 20 ans, durée particulièrement courte à l’échelle d’une vallée millénaire. Les générations précédentes nous ont confié un patrimoine naturel inestimable, et nous ne voulons pas être la génération qui détruit irrémédiablement cet héritage.
  5. Le bénéfice financier que la commune pourrait réaliser à travers cette opération nous semble dérisoire par rapport aux pertes dues à la diminution du nombre de touristes qui serait engendrée par le saccage d’un des plus beaux sites de la vallée. La promenade du vallon du petit Tabuc est la plus fréquentée de la vallée, et l’un des rares sites accessibles à toutes les générations (petits enfants, parents et grands-parents).

Chiffres concernant le débit et la puissance.

(pour nous rejoindre, cliquez ici)

Les Tabuc coulent dans des zones répertoriés comme Znieff

Qu’est une Znieff?

Une ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) est une zone de superficie variable, présentant une valeur biologique élevée (présence d’habitats naturels et d’espèces remarquables ou protégées par la loi). La définition d’une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique n’engendre aucune conséquence règlementaire ni juridique directe, ni sur le territoire ainsi délimité, ni sur les activités humaines qui s’y exercent (agriculture, chasse, pêche…) qui peuvent continuer à s’exercer sous réserve du respect de la législation sur les espèces protégées.

L’inventaire comporte deux types de ZNIEFF :

– ZNIEFF de type I : secteur de superficie généralement limitée, défini par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux rares, caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional. Exemples : tourbière, prairie humide, mare, falaise.

Chaque ZNIEFF fait l’objet d’une fiche descriptive datée comprenant la présentation des richesses patrimoniales et de l’intérêt écologique de la zone, une liste d’espèces, une délimitation avec justification des limites et des références bibliographiques. L’ensemble de ces données est informatisé et disponible auprès des DIREN (directions régionales de l’environnement) directement ou sur leur site Internet

Pour plus d’information, veuillez consulter le lien

 

 

NON à la Micro Centrale

Non à la microcentrale des Tabuc (Mise à jour disponible)

Un projet de microcentrale de 4,5 MW menace les deux Tabuc.

Sa réalisation causerait un grave dommage au vallon du petit Tabuc, site exceptionnel, lieu de promenade encore sauvage et très apprécié par tous les publics, porte d’entrée du Parc des Ecrins et de découverte de la haute montagne, tout cela pour une rentabilité factice liée à un système de subventions pesant sur le consommateur d’électricité.

Notre association avait déjà combattu un projet de ce genre en 1978 et se mobilise à nouveau pour éviter le saccage du petit Tabuc.

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